Poème à Renaud
15 octobre 200611.10.06
Poème à Renaud
Paraît qu’maintenant t’es un bobo
Il est passé où le Renaud
« Tous des ringards tous des pourris
Sauf moi et aussi mes amis » ?
L’Renaud il s’est r’marié en blanc
Pour ses 94 ans
Et puis maintenant y a Pierrot
Le fils du –presque centenaire- bobo
Il est passé où mon Renaud ?
Moi j’irais t’chercher sois-en sûr
Même à Katmandou ou Bordeaux !
Reviens taper au bas du mur
Reviens avec colère et rage
On dirait qu’tu tournes la page…
Viens pas pour dire que c’est fini
Reviens pas dire que t’as vieilli
Ça me décevrait trop
De la part du Fabuleux Renaud
Que j’ai quelque part bien connu
Mais qui paraît-il n’existe plus !
T’as pas le droit d’céder au temps
Moi j’t’ai connu j’étais enfant
J’adorais la Pépette et « Mistral Gagnant »
Et j’pleurais sur « p’tite conne », « morts les enfants »
Et maintenant toi tu veux quoi ?
Que j’t’enterre mon Renaud ?
Ça m’f’rait trop mal qu’tu soies plus là
Et encore je mâche mes mots…
J’ai envie de te secouer
D’te dire « pourquoi tu rentres dans l’système ? »
J’ai envie d’en pleurer
Jusqu’à c’que tu reviennes !
Depuis quand t’as besoin d’pub
Pour vendre un putain d’Cd ?
Depuis quand tes putains d’tubes
Squattent les radios nazebrok toute la journée ?
Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi tu fais tout ça ?
T’as besoin d’tunes, c’est ça ?
Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi tu me déçois ?
Tu te renies, c’est ça ?
Dis pas des choses aussi bassement matérielles
Arrête de te rendre ridicule
Tu veux jouer au funambule
Sans d’en bas regarder le ciel
T’as peur de tomber ?
Mais dans la vie faut s’relever !
Toi t’avances de l’autre pied
Et tu fais ce qui plaît
A tous ces couillons !
Toi qu’écrivait « mort aux cons ! »
Dans la cage d’escalier…
Alors laisse-moi t’assassiner !
Ok t’es amoureux
Ok ton ciel est tout bleu
Ok pour qu’tu la mettes sur un piédestal
Mais pourquoi en devenant banal ?
La bibine t’a démoli l’ciboulot ?
Moi j’sais pas, j’cherche à savoir !
Pourquoi tu perds tous tes mots ?
Moi j’demande qu’à te croire !
J’veux qu’tes musiques
Reviennent me bercer l’soir
J’veux pas d’tes cantiques
Bénissant les salopards
J’veux qu’tu redeviennes
Le chanteur énervant
J’veux qu’tu redeviennes
Qui t’étais avant…